cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Mois : septembre 2015

Je cherche l’Italie

La porte du Paradis

   Je suis arrivé à Florence un matin de janvier. La lumière était grise ; une pluie glacée tourbillonnait sous les arcades du Vieux Marché. J’avais passé la nuit dans le Palatino, le train qui relie Paris à l’Italie, et voici qu’en traversant le quartier de San Lorenzo je riais de bonheur. J’étais trempé, mais la tempête ne m’atteignait pas : la simple idée de marcher dans la ville de Dante, de Masaccio, de Michel-Ange suffisait à ma joie.

   J’attendais tout de l’Italie : des aventures et du repos ; des sensations de feu ; de l’apaisement. Je désirais une vie large et bleue, loin des angles morts de la France. Je n’avais absolument aucun but : juste du temps, et une soif immense d’églises, de fresques, de sculptures ; comme le narrateur dans Proust, je brûlais « d’inscrire les dômes et les tours dans le plan de propre vie ».

Yannick Haenel « Je cherche l’Italie », récit, 2015 (coll. L’Infini)

Les petits matins Sagan

Les petits-matins Sagan, elle s’y attardait d’instinct, bien certaine d’y déjouer les vigilances sociales et, paradoxalement, d’y conjurer « la solitude aux hanches étroites ». Dans ce temps suspendu, on respire un air peu mémorable par lui-même, un air de rien, dont on comprend longtemps après qu’il remplissait la vie – et la justifiait.

 Jean-Paul Enthoven (La dernière femme)

 

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