DSC02484

  Selon moi, un esprit bienveillant, fort malin, le suit à la trace du fin fond de son 18e siècle vénitien,  veille sur lui pour le placer au mieux chez les personnes bonnes pour lui,  selon le temps et l’histoire. Sinon comment expliquer à quel point il s’intègre là, à l’aise, dans le décor si contemporain du petit appartement ancien ? Hauteur largeur couleurs, tout, telle une évidence.
Fait pour une femme. Pas une pimbêche. Une amoureuse, une gentille, j’en suis à peu près certaine. Un charme qui me va. Pas de bois précieux, des bois simples qui se fendent. Pas de dorures, de la peinture. Pas de fleurettes, pas de surcharges, des scènes de la vie de ce temps-là dans des cartouches malhabiles. Qu’y voit-on par exemple dans celui-ci ? Enjambant une rivière un petit pont sur pilotis nous mène vers deux personnages en discussion, l’un porte un habit rouge, le maître des lieux peut-être, à leur gauche deux silhouettes d’arbres tarabiscotés  (mon bonheur), des bâtiments de part et d’autre, au centre la maison rose, son vaste porche. Au loin une barrière et l’horizon léger d’une journée d’été.
Je ne le dépoussière pas aussi souvent qu’il faudrait, mais j’ai la main baladeuse passant près de lui. Toujours. Ce besoin de le caresser. Je lui dis qu’il est beau, comme je dis qu’il est beau à l’homme que j’aime.

IMG_0612