cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Mois : mars 2016 (Page 2 sur 2)

Le carcan de la raison évidente

« Attention, précisait mon maître…  Il faut savoir maîtriser la faculté que nous possédons de nous débarrasser du carcan de la raison évidente…

« Méfie-toi des connaissances. Trop de connaissances tuent la création ; on ne sait plus où donner de la tête ; on est assommé par leur diversité. Quand tu prépares un plat, tu n’utilises que les ingrédients nécessaires ; tu n’iras pas acheter des oignons si tu n’en as que faire. Même chose en art : ne t’intéresse qu’aux connaissances dont tu as besoin pour faire ton omelette. Laisse aux universitaires cette course éperdue vers les connaissances qu’ils ne savent même plus digérer, encore moins régurgiter. Apprends les techniques mais dépasse-les. Il faut que tes traits sur le papier soient empreints de vie, naissent d’eux-mêmes, surtout sans labeur ni relents livresques. »

Fabienne Verdier

« Passagère du silence »

La peau fleurit – Sollers

   La beauté d’une femme désirée augmente, celle d’une femme non seulement désirée mais aimée rejaillit partout comme une apparition d’au-delà. Les petits signes de tendresse accompagnent le phénomène, une lumière nouvelle passe dans les yeux, les lèvres, les doigts. Ada pose des baisers légers sur mon front, mes mains, mes oreilles. Elle s’attarde sur mes pieds, mes épaules, mon cou. Je viens de mourir, elle m’aime encore. Malheureux celui qui ne s’est pas fait aimer comme un mort.

     Il y a un mot pour cela : délicatesse. C’est profond, intime, et à fleur de peau. La peau fleurit,

« Médium » Philippe Sollers 2014

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