Mieux qu’un Français de l’époque, Rilke, revenant de Venise, ressent intensément la beauté de Paris (« il était merveilleux, aujourd’hui, d’arriver sur les quais vastes, frais, battus par les vents ») ; il sait qu’avec Rodin et Cézanne il touche à une nouvelle présentation du monde. Pourquoi ce peintre plus que les autres ? Il nous répond précisément en octobre 1907. « Même quand on ne regarde aucun de ses tableaux en particulier, rien qu’en restant debout entre les deux salles, on sent leur présence se reformer avec une colossale réalité. » Cézanne opère pendant le sommeil et même sans qu’on le regarde : présence.
(…) Dans le tableau, « tout se passe comme si chaque point était au courant de chacun des  autres », ce qui fait que le tableau « tout entier, finalement,  fait équilibre au réel » (je souligne).

Paul-Cézanne-1839-1906-In-the-Woods-ca.-1900-Private-Collection