A la haine je laisserai
mes fers à cheval,
ma chemisette de navire,
mes chaussures de voyageur,
mon coeur de menuisier,
tout ce que j’ai su faire
et ce qui m’a aidé à souffrir,
ce que j’eus de dur et de pur,
d’indissoluble et d’émigrant,
pour qu’on apprenne dans le monde
que ceux qui ont bois et eau
peuvent couper et naviguer,
peuvent aller et peuvent revenir,
peuvent souffrir et aimer
peuvent craindre et travailler,
peuvent être et peuvent continuer,
peuvent fleurir et mourir,
peuvent être simples et obscurs,
peuvent ne pas avoir d’oreilles,
peuvent endurer le malheur,
peuvent attendre une fleur,
enfin, nous pouvons exister,
bien qu’un certain nombre de fils de pute
n’acceptent pas nos vies.