cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Quotidien – Sollers

Vous traversez rapidement la place de la Concorde, vous jetez un oeil distrait sur l’obélisque ramené d’Egypte en 1836, et toutes ces histoires de guillotinades, ici ou ailleurs, vous paraissent invraisemblables. Les pendus de l’ancien temps vous dépriment, la chaise électrique vous a donné la nausée, l’injection létale vous choque,la balle dans la nuque chinoise vous glace, la Shoah vous épouvante de plus en plus, les égorgements islamiques viennent clapoter sur votre ordinateur.

Où en sommes-nous ? Il est claire que toute transcendance est dissoute, et que le mouvement général, en France, est un repli sur soi, de type naturaliste, comme un grand retour au 19e siècle. Les 20e siècle n’aurait pas dû exister, la tendance est au décadent Huysmans, surtout pas à Freud. Le roman familial est réinstallé chez lui, en province. La crédulité est extrême, la spiritualité une marchandise comme une autre, chaque secte vante ses produits, la drogue sévit.

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  1. La dernière phrase résume bien le propos.
    Et me vient l’envie de dire que de ce côté-ci de l’océan, les dernières semaines ont vu toute cette misère morale, ou bêtise, portée à son comble par les États-Unis. De quoi épouvanter, oui.
    Merci pour un autre texte choisi, Anna.

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