LE TEMPS QUI NE S’EST PAS PERDU

Les illusions ne se dénombrent
ni les compréhensions amères,
il n’est mesure pour compter
ce qui ne pouvait survenir,
ce qui tourna comme un bourdon
sans attirer notre attention
sur ce que nous perdions alors.

Perdre au point de perdre la vie
c’est vivre la vie et la mort
et il n’y a rien d’éphémère
mais des constantes manifestes
dans la continuité du vide,
dans le silence où tout s’abat,
où enfin nous tombons nous-mêmes.

Ah! ce qui fut si près de nous
sans gagner notre connaissance.
Ah! ce qui ne pouvait pas être
et qui peut-être aurait pu naître.

Tant d’ailes ont plané survolant
les montagnes de la tristesse
et tant de roues ont trépidé
secouant la route du destin
qu’il ne reste plus rien à perdre.

Fini, fini, les jérémiades.