cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Vous êtes seule – 3

Et puis, obligé,
Demain : Go back to Paris.
Le dernier jour ici,
Le dernier tour dans le labyrinthe de mon cher Canneregio
Les derniers pas sur les Zattere
Toucher une colonne aux Gesuati. Avoir une pensée pour Sollers,
Le dernier shopping, cette si fragile marionnette en terre cuite
Les derniers gâteaux secs
Les dernières vongole
Les derniers sourires vénitiens
Qu’est-ce que je ressens ? Me sens forte étonnamment.
Forte des décisions qui se sont présentées d’elles-mêmes, claires :
Vendre la maison de Chatou.
Retrouver la vie de Paris.
Accepter enfin dans ma petite tête les mots des amis « Aimer un autre homme qu’Urli ne retire absolument rien à Urli. » Oser demander d’aimer, à la folie alors.
Je serai entendue, mais je le sais pas encore.
Le dernier vrai Bellini à l’hôtel
La dernière nuit au Baglioni :
L’impulsion d’ouvrir l’ordinateur, d’écrire à la va-vite deux histoires pour gamins, allez savoir pourquoi. La petite robe moche dont se moquent des imbéciles gâtées, fort méchantes, et qu’une chanteuse adulée choisira pourtant. L’autre, celle d’un chat très beau qui se cache, il a un terrible défaut notre petit chat, il aboie. Malgré lui il fait peur à ses amis. Alors, il part. Malheureux. L’inconnu. La ville inconnue. Egaré, il rencontrera inopinément une jeune persane délurée, un rien impertinente qui lui dira ces jolis mots : « Vous êtes seul ? »

Fini

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  1. À Paris, on trouve aussi un (petit) canal !

  2. Un petit truc, peut-être. Mais qui, pour moi, chante bien l’amour du quotidien. Du quotidien malgré tout. Voilà.

    • admin

      Caroline, il fait si froid ce matin, mais si clair sur Paris ! Merci de vos lectures…

  3. Caroline D

    Froid chez vous? Et si je vous disais qu’hier, ici, ça sentait déjà l’hiver avec presque zéro au lever… C’est plus doux ce matin, et la lumière dans le jardin, et les feuilles rougies de la vigne qui pendent en mur devant la fenêtre, c’est bon et beau.
    C’est un plaisir de lire vos mots, Anna. Il s’en dégage un parfum d’humanité qui me rejoint et me parle.

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