cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Le temps – Erri De Luca

Il avait tiré sur un bouquetin dans le brouillard sans voir que c’était une femelle avec son petit. La bête frappée sur le versant escarpé avait essayé de rester agrippée à la paroi en enfonçant ses pattes incertaines, puis elle était tombée à la renverse, un saut de vingt bons mètres. Le petit avait sauté sans hésitation dans le vide du brouillard derrière sa mère, retombant sur ses pieds. Sa mère avait roulé à  nouveau et avait fait un saut encore plus grand. Le petit avait encore volé derrière elle. Quand l’homme atteignit l’animal tué, le petit était là, un peu tordu sur ses pattes, les yeux grands, calmes, désolés.

Un homme est ce qu’il a commis. S’il oublie, c’est un verre renversé, du vide enfermé.

Le poids du papillon

Précédent

Autant que la littérature… Michel Houellebecq

Suivant

Les larmes – Pascal Quignard

  1. L’art de raconter. Pour dire la vie, la profonde.
    Et de faire, doucement, juste assez mal pour qu’on s’en souvienne.

Laisser un commentaire

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

%d blogueurs aiment cette page :