Où cours-tu, Aurore ? Reste, si mince et bouleversante lueur ! Aurore, garde-toi de l’aube ! C’est l’heure que je préfère. C’est l’heure où le monde s’apprête à être le plus pur. Où l’air est le plus frais. Où l’oiseau tire de son gosier énorme et de sa tête minuscule le chant le plus liquide et le plus miraculeux. Où la feuille de l’arbre retombe, dans la première pâleur, couverte de la rosée que l’air mystérieusement pleure, attendant les becs des oiseaux et les lèvres si brèves des chats qui boivent l’aube sur leurs pétales ou la prélèvent sur leur peau.

Une journée de bonheur