cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

les pupilles se lavent avec le vent – Erri De Luca

   J’ai envie de marcher, je vais sur la plage. Le vent me frictionne le visage, il se glisse dans mon nez, dans mes oreilles, tire quelques petites gouttes de mes paupières. Les pupilles se lavent avec le vent, pas avec le savon.
Je marche quelques heures, je ramasse de petits bouts de bois tordus, de la nacre, par habitude de regarder par terre. Des algues sèches s’émiettent sous les pieds. Les miens sont deux bouts de bois fins et maigres, ils pourraient appartenir à Pinocchio. Mes jambes aussi sont décharnées, au large dans n’importe quelle paire de pantalons. Le vent s’abat sur elles en faisant flotter l’étoffe superflue (…)
Je ramasse une pierre creusée par des mollusques, un de leurs immeubles abandonnés. Je mettrai un peu de terre et une graine dans ses trous ronds. J’invente une variante de son logement.

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  1. Caroline D

    Si beau.

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