Déjà brûlant, le soleil neuf chauffe
les crépis, la poussière – et gaine
les plantes d’ardent et tranquille
éblouissement. Elles s’éveillent
dans la lumière qui supprimant le vert
leur donne une autre forme dans la violente
clarté, dans le tiède silence
qui précède la vieille touffeur – et cette
lumière qui les vêt semble être
leur existence même, une vie identique
à la vie humaine, mais combien plus heureuse
dans sa fraîche extase de soleil.

J’attends que parlent les plantes – prises
par le profond sourire qui s’exhale
de la terre pensive jusqu’au soleil pensif –
moi, qui ne sais pas parler, étouffé
à peine éveillé, par tant de clarté
et les sens empreints de l’or qui est vie
humaine chez les arbres. Or, fraîcheur,
qui emplissent ma chair de joie.

Et tout cela, de la sensuelle
douceur, n’est qu’une ombre.

Poésies

1943-1970