Tonalités du paysage : du brun au bronze, ciel abrupt, nuages bas, sol de perle aux ombres nacrées et aux reflets mauves. La poussière fauve, la royale poussière du désert : tombes de prophètes virant au zinc et au cuivre quand descend le crépuscule sur l’antique lac. Ses immenses trouées dans le sable, comme des flaques abandonnées par les marées du ciel ; vert et jaune cédrat cédant aux nuances du métal oxydé, ou s’exaltant en une unique voile couleur de pruneau, humide, palpitante (…)
Été : sable jaune chamois, ciel de marbre brûlant.
Automne : ecchymoses tuméfiées.
Hiver : neige crissante, sables glacés.
pans de ciel clair, scintillations de mica.
verts délavés du delta.
somptueux champs d’étoiles.
Et le printemps ? Ah ! il n’y a pas de printemps dans le Delta, nul sentiment de renouveau, de rajeunissement des choses. On émerge de l’hiver pour se trouver aussitôt plongés dans l’effigie de cire chaude d’un été suffocant. Mais ici, du moins à Alexandrie, les souffles venus de la mer nous sauvent de l’accablante stagnation du néant de l’été … venant agiter doucement les bannes rayées des cafés sur la Grande Corniche.