Le présent retrouvé
Au palais, en ville, le pied d’olivier installé au coeur de la maison dans la terre d’Ithaque, dans le jardin, à la campagne, toute cette végétation continûment entretenue, voilà qui fait le lien entre le passé et le présent. Les arbres plantés jadis ont grandi. Comme des témoins véridiques, ils marquent la continuité entre le temps où Ulysse était un petit garçon et le temps où, maintenant, il est au seuil de la vieillesse. En écoutant cette histoire, ne faisons-nous pas la même chose, ne relions-nous pas le passé, le départ d’Ulysse, au présent de son retour ? Nous tissons ensemble sa séparation et ses retrouvailles avec Pénélope. D’une certaine façon, le temps par la mémoire est aboli, alors même qu’il est retracé au fil de la narration. Aboli et représenté parce que Ulysse lui-même n’a cessé de garder en mémoire le retour, parce que Pénélope n’a cessé de garder en mémoire le souvenir de l’Ulysse de sa jeunesse.
Ulysse dort avec Pénélope et c’est comme leur première nuit de noces. Il se retrouvent en jeunes mariés. Athéna fait en sorte que le soleil arrête la course de son char pour que le jour ne se lève pas trop tôt et que l’aube tarde à paraître. Cette nuit fut la plus longue du monde.

L’univers, les dieux, les hommes