cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

un cèdre – Sollers

C’est immédiat : je ne peux pas voir un cèdre, dans un jardin ou débordant d’un mur sur la rue, sans penser qu’une grande bénédiction émane de lui et s’étend sur le monde. La foule est bénie, les autobus, les camions, les voitures, les poubelles, les vélos, les scooters sont bénis. Les plus laids et les plus laides sont bénis, et aussi les vieux, les enfants, les jeunes, les femmes enceintes, les malades, les fatigués, les pressés, les rares heureux, les désespérés. Ils passent tous et toutes sous le cèdre, ils ne le voient pas, sa bénédiction silencieuse, verte et noire, filtre l’espace. On ne sait pas d’où lui vient cette tranquillité, cette ramure de sérénité.
Il vient d’Afrique ou d’Asie, le cèdre, son nom est grec et latin, il souffre au Liban et au Proche-Orient, il s’en fout, il a ses plans superposés, sa longévité, ses légendes. Ses racines pivotent à une grande profondeur, mais sa tige, droite, couverte d’une écorce rugueuse, se termine par une flèche presque toujours inclinée et dirigée vers le nord. Il peut s’élever jusqu’à 40 mètres, et son ombre, produite par de petites feuilles étroites et pointues, est épaisse et large. Il règne, il protège, il paraît méditer, il bénit.

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  1. Facilement, on cède au cèdre.

  2. Caroline D

    Et moi, presque toujours quand j’en croise un, du bout des doigts j’en arrache une pointe. Que je réveille avec hâte, du bout des doigts aussi, pour ensuite la porter à mon nez. Pour un des plus sublimes parfums du monde.

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