Si je te perds un jour,
pourras-tu dormir alors
sans que tel le feuillage d’un tilleul
je bruisse à peine, penché sur toi ?

Sans que je veille et dépose
des mots, des paupières presque,
sur tes seins, sur tes membres,
et sur ta bouche.

Sans que je te close
et te laisse seule avec ce qui t’appartient,
comme un jardin où poussent à foison
la mélisse et l’anis étoilé.

Chanson à dormir
(paris, début de l’été 1908)