La cavité buccale, ce vestibule qui s’ouvre sur notre tube digestif, a de quoi nous surprendre – et pourtant, armés d’une brosse à dents, nous passons chaque matin plusieurs minutes à l’explorer. Pour découvrir son jardin secret numéro un, il nous faut envoyer notre langue en éclaireuse. En inspectant le vestibule, elle va trouver quatre petites papilles. Les deux premières se situent à l’intérieur des joues, à hauteur de la rangée de dents supérieures, à peu près au milieu. En découvrant ces petites bosses, à gauche et à droite, vous croirez peut-être, comme beaucoup de gens, vous être mordu la joue. Les deux autres papilles se trouvent sous la langue, de part et d’autre du frein. C’est par ces 4 petits trous qu’est excrétée la salive (…)
La salive contient des ions calcium dont le rôle est de renforcer l’émail des dents, ce qui est plutôt sympa (…) Mais comment ces ions calcium aux superpouvoirs pétrifiants arrivent-ils dans notre salive ? La salive, c’est du sang filtré, passé au chinois par les glandes salivaires qui retiennent les globules rouges, plus utiles dans nos veines que dans notre bouche. Le calcium, les hormones et les anticorps du système immunitaire contenus dans le sang, en revanche, passent dans la salive…
Notre salive contient une substance antalgique bien plus puissante que la morphine: l’opiorphine. Celle-ci n’a été mise en évidence que récemment, en 2006, par les chercheurs de l’Institut Pasteur (…)
En une seconde, il s’en passe des choses dans notre bouche : les papilles salivaires projettent des films de mucine, prennent soin de nos dents et nous évitent de pleurnicher au moindre bobo. Notre anneau lymphoïde surveille les particules inconnues et prépare ses armées immunitaires à réagir. Tout cela serait inutile si, plus bas, le programme ne se poursuivait pas.

Le charme discret de l’intestin