Une fois notre agence de presse vendue, Urli choisit une jolie petite boutique, rue de Lille à Paris, et c’est ainsi que nous devînmes antiquaires. Enfin lui, il était parfait pour cela, sens du relationnel, de l’argumentaire, et le charme infini de sa présence. Moi, plutôt repliée, côté argent, j’sais pas en parler. C’était pas gagné. Mais avec Urli, j’ai jamais hésité.
Un soir d’automne, peu avant la fermeture sont entrés un américain et son accompagnateur. L’américain, intéressé par un bureau que nous avions trouvé en Italie, splendide modèle napolitain fin XVIIIe, mais avec une touche de modernité qui pouvait permettre de l’installer dans un loft, par exemple. L’homme était avocat, et venait d’emménager à New York. Urli et l’accompagnateur commencent à parler chiffons si je puis dire. L’homme s’avance vers le fond de la boutique où j’étais, débout devant mon bureau, un livre encore à la main, l’homme me demande dans un français parfait Que lisez-vous ? Je pose le livre de poche sur le bureau. « Vous lisez les Liaisons ? J’achète le bureau… »
Comme quoi…