Si j’étais platane,  si je me reposais à son ombre

Si j’étais livre, que je lirais sans ennui dans mes nuits d’insomnie

Crayon, je ne voudrais pas l’être même pas entre mes propres doigts

Si j’étais porte, je m’ouvrirais aux bons, je me fermerais aux méchants

Si j’étais fenêtre, une fenêtre sans rideaux, grande ouverte

Si je faisais entrer la ville dans ma chambre

Si j’étais verbe, si je vous appelais au beau au juste au vrai

Si j’étais parole, si je disais mon amour tout doucement

(27 mai 1962)