cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Mois : octobre 2017 (Page 2 sur 3)

une perspective de nuit en si bémol majeur – Sollers

Bach pense à Dieu, Haydn à la Nature, Mozart à toutes les chanteuses du futur, Webern à l’aurore qui pourrait succéder à la catastrophe de l’Europe. Ils ont une foi indestructible dans la clé du clavier. La vie devient une partition continue. Partitas, sonates, airs, symphonies, messes, opéras, oratorios, passions, préludes, impromptus, variations, duos, trios, quatuors, quintettes. Une matinée en sol mineur n’est pas la même en la majeur, et une soirée en si mineur n’a rien à voir avec une perspective de nuit en si bémol majeur.

Beauté

Souviens-toi, on entrait dans le rock comme on entre dans une cathédrale – Virginie Despentes

Souviens-toi, Vernon, on entrait dans le rock comme on entre dans une cathédrale, et c’était un vaisseau spatial, cette histoire. Il y avait des saints partout on ne savait plus devant lequel s’agenouiller pour prier. On savait qu’une fois les jacks débranchés, les musiciens étaient des humains comme les autres (…) On s’en foutait des héros, ce qu’on voulait c’était le son. Ça nous transperçait, ça nous terrassait, ça nous décollait. Ça existait, ça nous a tous fait cette même chose au départ : merde, ça existe ? C’était trop large pour nos corps. Des jeunesses au galop, on ne savait rien de la chance qu’on avait…
C’était une guerre qu’on faisait. Contre la tiédeur. On inventait la vie qu’on voulait avoir et aucun rabat-joie n’était là pour nous prévenir qu’à la fin on renoncerait. Quand j’avais seize ans, personne n’aurait pu me faire croire que je n’étais pas exactement où je devais être. Dans un camion G7, assis sur la roue, à grelotter avec six potes sans être sûrs d’avoir mis assez d’essence pour rentrer mais aucun d’entre nous n’était troublé par le doute. C’était « la dernière aventure du monde civilisé ». Le reste, tu te souviens, c’était pas tabou, on n’était pas énervés contre qui que ce soit : le reste, ça n’existait pas. On a vécu nos jeunesses dans des bulles en acier blindé. Il y avait des alchimies d’enthousiasme, des choses dont ne ne connaissait encore rien des revers, on se trouvait des surnoms, tout était intéressant, même les trucs les plus cons (…)
Plus tard est venu un monsieur rock à la culture, on a commencé à entendre parler subventions, à voir de belles salles s’ouvrir qui ressemblaient à des MJC de luxe, on a vu des mecs se pointer qui savaient monter des dossiers, qui parlaient le langage des institutions, ils étaient plus articulés, ils étaient plus malins. On a commencé à remplir des papiers. Le CD a remplacé le vinyle. Les 45 tours ont disparu. Ça n’avait l’air de rien. On savait, et on ne savait pas. Chaque chose, prise une par une, était anecdotique. On n’a pas vu venir le truc d’ensemble. Et ce rêve qui était sacré a été transformé en usine à pisse. C’est l’histoire de Cendrillon : une pédale Fuzz avait transformé nos citrouilles en carrosse, et là minuit avait sonné. On retrouvait nos haillons.

Vernon Subutex 2

L’homme rationnel – Hermann Hesse

Il n’est pas facile de mettre des mots sur la foi telle que je l’entends. On pourrait l’exprimer ainsi : Je crois que, malgré ce monde paraissant insensé, la vie a un sens ; je me résigne à ne pouvoir comprendre ce sens ultime avec mon intellect, mais je suis prêt à le servir, et même à me sacrifier pour lui. J’entends en moi la voix de ce sens, aux instants où je suis vraiment et pleinement vivant et éveillé. Ce que la vie me demande en ces instants, je veux tenter de l’accomplir, même si cela revient à s’opposer aux modes et aux lois en vigueur. Cette foi ne se laisse pas commander, pas plus qu’on ne peut l’obtenir en se contraignant. On ne peut que la vivre.

La connaissance est action. La connaissance est expérience vécue. Elle ne se prolonge pas. Sa durée a un nom : l’instant (…)
L’homme rationnel ne croit à rien autant qu’à la raison humaine. Il ne la considère pas comme un joli don, il la tient tout bonnement pour ce qu’il y a de plus élevé.
L’homme rationnel croit posséder en lui-même le « sens » du monde et de la vie. Il transfère sur le monde et sur l’histoire l’apparence d’ordre et de conformité à des buts bien établis que possède une vie individuelle rationnellement ordonnée. C’est pourquoi il croit au progrès. Il voit que les hommes peuvent aujourd’hui mieux atteindre une cible et voyager plus vite que jadis, et ne veut pas, ne s’autorise pas à voir qu’il y a mille régressions en face de ces progrès. Il croit que l’homme d’aujourd’hui est plus évolué que Confucius, Socrate ou Jésus et qu’il leur est supérieur parce qu’il a renforcé certaines de ses aptitudes techniques (…)
L’homme rationnel a parfois tendance à faire preuve de haine et de colère envers les hommes religieux qui ne croient pas à son progrès en entravent la réalisation de son idéal rationnel (…) L’homme rationnel semble, dans la vie pratique, être plus sûr de sa croyance que l’homme religieux. Au nom de la déesse Raison, il se sent le droit de commander et d’organiser, de faire violence à ses semblables (…)
L’homme rationnel aspire au pouvoir, ne serait-ce que pour établir le règne du « Bien ». Le plus grand danger pour lui est là : l’aspiration au pouvoir, l’abus de celui-ci, la volonté de commander, la terreur (…)
L’homme rationnel rationalise le monde et lui fait violence. Il est toujours enclin à être furieusement sérieux. C’est un éducateur.
Bien sûr, ce sont apparemment très souvent les « religieux » qui ont manié l’épée et les « hommes rationnels » qui ont versé leur sang (par exemple dans l’Inquisition). Mais par « religieux » je n’entends bien sûr pas les prêtres, pas plus que par « hommes rationnels » ceux qui mettent leur joie dans la pensée (…)
Loin de moi en outre, bien sûr, en dépit de certains aspects un peu véhéments de mon schéma, l’idée de contester à l’homme religieux le savoir-faire et à l’homme rationnel la génialité. Dans les deux camps prospèrent le génie, prospèrent l’idéalisme, l’héroïsme, l’esprit de sacrifice (…)
Cela me semble être en général une caractéristique de l’homme de génie que de porter en lui, tout en représentant un exemplaire particulièrement réussi de son propre type, un désir secret de l’autre pôle, un respect silencieux pour le type opposé. L’homme qui ne sait que manier les chiffres n’est jamais un génie, pas plus que celui qui ne vit qu’au gré de son humeur.

  • Un peu de théologie (1932)

au fond d’une cour pavée – Mona Thomas

Quand je suis entrée dans l’appartement de Marie, un premier étage au fond d’une cour pavée près de la place de Bastille, j’ai reconnu d’emblée la vie nouvelle. La vie que je voulais vivre existait et ressemblait à cet endroit singulier et collectif où il était aussi facile de s’isoler que de participer au courant de rires et de mots. Et la vie ensemble durait autant de jours qu’on voulait. Ici s’agréger c’était partager. Avant le boulevard Beaumarchais je ne savais pas que les jupons étaient aussi des images à emporter.  Ils étaient accrochés au mur comme des tableaux hors cadre (…)
Je n’aurais pas plus imaginé faire du lit le meilleur des bureaux – pour peu qu’on décide de prolonger une grasse matinée parce qu’on a trop dansé la veille. Autour de la table à tout faire on discute et on écrit. Le journal est l’objectif. On dessine et on dévore goûter sur goûter. Parfois on manque de place, mais comme on est trop occupé pour s’éloigner, on se pousse en râlant (…)
Chez Marie à Beaumarchais c’est un monde de couleurs dans lesquelles on s’habille et qui se déplace au gré des envies. Couleur aussi, les coussins partout éparpillés sur le sol. À une époque où on est peu habitué à s’asseoir par terre, on s’en fait des nids où s’étaler pour bouquiner ou se caler plus à l’aise pendant les réunions. Souvent on hésite et on cherche la chaise – qu’il n’y a pas Nos revendications s’expriment sur des affiches hautes en couleurs que l’on compose en découpant des magazines féminins. On a de la colle plein les mains et des difficultés à descendre le frêle monument de papier par l’escalier étroit. Aussi ces grands panneaux qui proclament que notre corps est à nous, que le corps des femmes n’est pas à vendre, on les dépose sur les gros pavés de la cour pour consolider la voilure. Vite, il faut faire vite.
J’aimais beaucoup l’escalier du boulevard Beaumarchais. Propice aux apartés, aux rencontres inattendues, à l’irruption du jupon de Marie qui file en montant les marches deux à deux quand sa voix éraillé ne nous a pas déjà précédés, On commence sans vous ! (…)
Un soir rue Didot nous avons parlé de cette façon qu’on avait de hisser les couleurs contre les pouvoirs établis et tout ce qui voulait nous vaincre. Y compris certains groupes gauchistes qui trouvaient qu’on faisait tache avec notre manie de détourner les chants révolutionnaires et de scander en choeur des slogans obscènes. Des gauchistes dépassés par nos seins quelquefois à l’air, nos bébés, nos patchoulis. Je me souviens des sifflets, des applaudissements. Des crécelles et autres moulins à musique. Des jouets.

L’Histoire de la grande Marie

comment ai-je pu ? – Mathieu Terence

Les gens amers semblent avoir été crachés par quelque chose… C’est pourquoi il faut les refuser sans mesure. Laissons aux esthètes du nihilisme la haute fonction de dispenser de considérables leçons de rumination matin, midi et soir. Ils se disent sentimentaux pour paraître sensibles, pessimistes pour passer pour lucides, désenchantés pour l’avoir l’air chic, chagrins pour avoir l’air profond. Pour eux, l’amour est une erreur la personne, la joie une erreur sur la vie, la vie une erreur sur la mort. Ils appellent être élégant ce qu’un idiot comme moi trouve endimanché. Pire que la vanité, il y a leur fausse modestie. Guindés jusque dans leurs gloses,  ils rabâchent que « les chants désespérés sont les chants les plus beaux »… Patati patata (…)
Donneurs de leçon, fonctionnaires du deuil, moins maîtres que pions, on les regarde comme on regarde une photo ancienne dans laquelle on se reconnaît à peine. On sourit de sa coiffure, de sa raideur. « Comment ai-je pu… ? » se dit-on avec une certaine tendresse.

De l’avantage d’être en vie

Martha Argerich – Sollers

Reine indienne.
Elle a son mauvais génie, son démon, elle croit, par humilité, qu’il faut jouer de la musique secondaire. Bien entendu, elle y est incomparable, mais à quoi bon écouter une fois de plus Schumann ou Liszt ?

Concert : Bach, Scarlatti.
En définitive : Bach.
Pourquoi ? Glenn Gould, et, comme lui, jeu viril, massif, délicat, précis, indépendance des mains incroyable.
Deux mains ? Quatre ? Deux cerveaux ? Quatre ?

Le piano s’étend – là-bas, à gauche, là-bas à droite -, et pourtant le milieu n’a jamais été aussi milieu. Le milieu extrême.
La gauche dit ça.

Les mains sont des épaules, des bras – et aussi des pieds et des cuisses. Les doigts viennent de la bouche. Souffle profond.
Sa moue. Boudeuse. Je veux, j’envoie.
Génie modeste. « Ce n’est pas moi! »
Amusée, sauvage, rétractée, rieuse, réservée, mélancolique, trop de force, sensualité et autorité subite …

Le secret de Martha, c’est Bach. Elle fait semblant qu’il y a d’autres musiques. Tout le monde semblant. Mais non : Bach …

Mon rêve a toujours été de la séquestrer pendant un mois. Les suites anglaises, matin et soir. Mille et une fois. Roman sublime.

le carnet noir

Dans cet appartement, il y a cette pièce qui sert de bureau, un piano y attend toujours la reprise des cours, qui ne se fera pas, un canapé qui sert de lit. J’arrangeais ce matin pour la venue d’une amie. Dans la petite bibliothèque industrielle je vois d’un coup un petit carnet moleskine noir, serré entre deux livres très sérieux. Pas sa place. Je le prends. D’emblée, beaucoup de feuilles ont été arrachées, ne restent que quelques-unes. Je retire l’élastique… Mon écriture. J’ai noté là les paroles d’Urli, mon mari, mon fiancé, mon amour, mon ami, quelques jours avant sa mort. Oui je suis submergé par le trouble, Oui le noeud dans la gorge illico, Oui la respiration qui se fait pas. Mais c’est pas grave. Je les avais oubliées ces pages. Ces mots. Ils deviennent sève ce soir.
Mercredi 16 août, 17 heures :
Il m’arrive aussi de sentir comme une main sur mon épaule, toujours la droite  ; quand je sens la main, je me retourne vite et je vois seulement une ombre. Mais c’est un poids, tu sais, pas un effleurement. Il m’arrive plein de trucs comme ça.
Mardi 22 août, 15 heures
Ce matin, je me suis réveillé deux fois, Laura était avec toi. Elle était vraiment là, avec Marlowe (notre boxer). Nous étions quatre dans la maison.
Dimanche 9 octobre
Cette nuit j’ai rêvé. On était tous les deux. J’étais très élégant, genre Hermès ! On s’est arrêté à une station service, puis une autre, à chaque fois, je m’arrivais pas à dire Paris. Je disais Pa Pa Paris, Le pompiste me regardait comme s’il voyait un zombie bien sapé qui n’arrive pas à parler.
Mardi 17 octobre
Tu sais, quand je dors, j’ai l’impression de dormir avec deux moi-même. Je n’arrive pas à me dissocier. Tu vois, mettons, je vais aux toilettes. Je me rhabille. Je dois y retourner mais ce n’est plus la même vessie. Et quand je me réveille, je suis seul.
Je n’aime pas cette absence de toi. Serre-moi dans tes bras.
Sans date
J’ai jamais eu la notion de la mort qui me traverse. Enfin si une fois ou deux, de loin, comme tout le monde. Mais ce n’est pas ma pensée.
9 novembre
Angle Rue des Saints-Pères/Rue de Lille
Qu’est-ce que je suis heureux avec toi !
5 novembre
Entrant dans la pièce de la maison de Chatou qu’il aimait, celle où se trouvent les livres en vrac : « Salut la pièce ! Bonjour tout le monde ! Sollers,  Salut ! »

Voilà.
Le goût du bonheur. Il reste.

Vous qui habitez le temps – Valère Novarina

Seize temps sont quand il en est encore temps :
le présent lointain,
le futur avancé,
l’inactif présent,
le désactif passé,
le plus que présent,
son projectif passé,
le passé postérieur,
le pire que passé,
le jamais possible,
le futur achevé,
le passé terminé,
le possible antérieur,
le futur postérieur,
le plus que perdu,
l’achevatif,
l’attentatif.

D’où me vient cette complicité ?

Cher Alain,
Nous avons donc décidé d’échanger des lettres plutôt que de nous entretenir de vive voix. L’utilisation de ce vieil outil littéraire me semble prudente et bénéfique, bien que je me demande si elle n’est pas une dérobade. Malgré mon goût de l’affrontement, je redoutais en effet ta présence et ce que le tac au tac implique de violence. Autrement dit, je craignais de me heurter en temps réel sur du non-négociable et de voir bientôt se lézarder une chère et ancienne amitié (…)
Cette complicité, durant près de quarante ans, fait que je me sens plus ou moins embarquée, et d’une manière que je supporte mal, dans ce que j’appellerai pour le moment tes écarts (…)
Voici la question que je me pose et que je te pose, en ce début de notre confrontation : comment se fait-il que notre amitié se soit obstinée malgré certains graves désaccords ? Une première évidence, conjoncturelle, me vient à l’esprit. Les attaques contre toi (maurrassisme, barrésisme, xénophobie) sont le plus souvent d’une telle déloyauté, elles témoignent d’une telle amnésie historique et d’une telle cécité politique que je me trouve mise en situation de faire corps, sinon avec certaines choses que tu as écrites ou dites et qui ont déclenché ces injures ignominieuses, mais avec l’expérience que, de longue date, je fais de toi. En outre, il faut que j’avoue cette faiblesse politique dont je pâtis : tu me fais rire avec tes mots d’esprit toujours dévastateurs, parfois scabreux mais jamais vulgaires. D’où me vient cette complicité avec des plaisanteries dont l’effet immédiat et c’est le miracle du rire que immédiateté, est de désarmer mes efforts d’argumentation ? (…)
L’amitié ne peut durer sans cette communauté éphémère du rire (…)

Maintenant, qu’est-ce qui nous oppose ? Ta complaisance dans une vision passéiste de l’état du monde que je tiens pour plus esthétisante qu’éthique ou politique ; dans ton pessimisme extrême quant à la modernité technicienne ; dans ton irritation vis-à-vis des nouvelles générations dont tu n’attends pas grand-chose ; dans ton désespoir de constater qu’elles sont et seront de plus en plus dépourvues d’humanité, c’est-à-dire selon toi de culture ; dans ton féminisme d’un autre temps, qui assimile les Lumières à la galanterie, même si je sais d’expérience combien les femmes qui collaborent à l’élaboration d’un monde commun comptent dans ta vie ; et surtout dans ton choix, bien que tu ne sois pas un homme politique, de l’éthique de responsabilité contre l’éthique de conviction,

En terrain miné

Élisabeth de Fontenay
Alain Finkielkraut

Une révolution, en douce

C’est par inadvertance, parfois, qu’une révolution a lieu. Un effet d’une extrême douceur, à peine différent des autres moments, et c’est pourtant la vie qui soudain prend feu, s’embrase. Mais d’un feu d’une douceur inexplicable. Comme si soudain on vous prenait par la main le long d’un précipice et qu’il fallait non seulement passer mais danser, et que oui, vous dansiez sans peur ni vertige, que l’espace même prenait refuge en vous, et qu’alors une fois arrivée de l’autre côté tout aurait changé, mais sans violence.
La révolution intime est-elle de cet ordre ? C’est ce qui la rend si difficile à penser, à transcrire, à capter. Elle est une spirale qui vous amène vers une hauteur inaperçue de vous jusqu’alors, quand la verticalité découvre dans un espace cent fois parcouru jusqu’à la nausée, dans la répétition des jours, des attitudes, des paroles, un chemin inconnu, une élévation qui fait appel d’air.
La douceur est un retour sur soi qui invente de l’avenir, à l’image de la spirale. Une révolution ouverte. Elle est une « reprise » au sens où l’entend Kierkegaard : faire retour dans le passé, une possible ouverture à l’inespéré.

Anne Dufourmantelle
Puissance de la douceur

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