C’est une nuit froide de novembre. Je suis toute seule dans la pénombre de ce jardin. Seules lumières, celles des fenêtres de la vaste maison où se déroule la fête. Je me suis isolée, fuyant la musique, les rires, les amis, pressentant l’annonce à venir. Je tremble, j’ai si peur, perdue, gelée dans cette stupide veste à paillettes que j’ai envie de déchirer, de mettre de pièces. Soudain, un vent. Un vent d’une froideur inouïe me traverse. Me plie en deux. J’ai su. On me cherche. Je rentre. Je ne dis rien. Les paillettes scintillèrent et toi, tu t’en allas. Et je ne m’y fais pas.
Mais le mystère est ailleurs. Cette nuit-là, cette date-là, trois ans jour pour jour après Urli, j’y vois une gentillesse une tendresse pour que je pleure moins. Je vous pleure un même jour.
Me restent des dernières heures passées près de toi, mon Clem, ces caresses matinales, ces mots doux, ces regards, ce baiser si chaud sur mon bras nu, le gauche. Tu t’es rendormi dans notre lit. Je devais partir. I love you au téléphone. À tout à l’heure. Et ce vent…