Ce dont nous n’avons pas besoin, c’est de phrases ampoulées qui tapinent sur les trottoirs bondés de la mélancolie. Elles essorent les rangs d’oignons de leurs larmes à l’oeil. Elles ne prennent rien au sérieux sauf, colossalement, leur mépris du sérieux. La société est leur maquerelle, elle les fait racoler de biais en jouant les rabat-joie de service dans une époque apparemment hilare mais en deuil jusqu’à l’os. Voilà ce dont nous n’avons pas besoin : les leçons des cyniques, la déprime aux violons putassiers, les rengaines désabusées, la tournée d’adieu permanente des rentiers du malheur, la faillite comme fonds de commerce. Je dis cela d’une voix posée, sûrement basse, à peine audible même, mais c’est ma voix comme son vol est à l’oiseau.

De l’avantage d’être en vie