Ce qui me fascine, c’est qu’il nous suffit de faire le mal une fois pour qu’il pose pour toujours son empreinte sur le monde. Les mauvaises actions ne peuvent être effacées. Mais le bien, en revanche, doit continuellement être continué. Cela fait partie des asymétries terrifiantes de la vie. C’est ce qui rend si nécessaires l’impulsion vers le bien et le désir de rédemption.
L’espoir est un acte de bravoure. C’est une nécessité.
On pourrait trouver que c’est du sentimentalisme mais je ne le pense pas. Il nous faut aller de l’avant. Je trouve plus courageux de parler de rédemption que de devenir un cynique qui observe les autres dans son coin et leur dit combien le monde est laid et brutal. Ça ne m’intéresse pas. Oui, le monde est brutal. Et après ? C’est une évidence. .. La vraie question est : Comment guérir, comment continuer ?
On ne peut écrire sur le bonheur qu’à la condition de le confronter à autre chose. Je suis à la recherche de ces minuscules moments de grâce.

Interview au Point
25.09.2009