La justice, cette forme endimanchée de la vengeance…
Je rêve d’une justice qui soit plus qu’une logique de compassion ou de substitution, qui s’incarne dans l’Etat de droit et ne soit plus seulement ce qui commence quand la morale se réduit.

Les engagements que j’ai pris exprimaient la réalité de l’époque même si j’ai été sot de croire au collectivisme. Je ne suis ni déçu ni désenchanté. Sans être amer, je suis toutefois un peu découragé par certaines choses, le fait par exemple qu’il soit si difficile de conjuguer liberté et égalité. J’attends que l’époque soit de nouveau utopique. Nous ne vivons pas la fin de l’histoire. Nous vivons la fin des utopies. Pour changer les rapports de force, il faut que renaisse une volonté de dépassement, une volonté de modifier le réel, de le transformer dans un sens positif vers davantage de justice. Pour l’instant, le libéralisme et l’économie de marché ne auraient à mes yeux, incarner une idéologie ou une religion.
Le sentiment de liberté qui est le mien m’a toujours empêché de briguer ou accepter le moindre poste officiel que ce soit. Il faut être libre pour rester à l’écoute du monde, essayer d’en être une caisse de résonance crédible.

Mai 2001

Cahiers de vie