J’aime :
les lits, la toile, le coton, le lait, l’eau, le savon, le café, le vin, le whisky, les matins en feu, la nuit étoilée, les allées de l’Observatoire à Paris, le 5 rue Sébastien-Bottin, la Seine au coin du quai Voltaire, le bar du Montalembert, mon bureau avec son rouleau chinois poème Tang, son petit éléphant blanc et son lingam indiens, son pi de jade, un dé noir et blanc posé sur le chiffre 3, quelques femmes intenses, la poésie de pensée, les dictionnaires, les acacias, les roses, le lierre, les lilas, les orchidées, les marées, le petit bateau au bout du ponton, le Dorsoduro à Venise, le gravier, l’odeur du varech, le sel, la pluie dans les vitres, les oeufs, le soleil sur ma tempe gauche vers le 15 février, la Rambla de las Flores à Barcelone, les allées de Tourny à Bordeaux, mes adorables parents morts, mon fils m’appelant « charmant papa » dans son enfance, mon ancêtre navigateur au long cours, la brise nord-est, l’amitié, les conversations animées, mes erreurs, l’herbe, le rire, la musique, et encore la musique, et encore une fois la musique, les voyelles, les couleurs jamais égales à elles-mêmes, le noir, le blanc, le rouge, le vert, le bleu, le jaune, le violet, les mots qui les désignent, les réveils, l’odeur de la cire, de la peinture fraîche, du gazon récemment tondu, l’encre, le papier, les buvards, les syllabes, le néant, le vide, le plein, les intervalles, les neutrinos, les quarks, les volcans, Palladio, Watteau, Bernin, le Temple du Ciel à Pékin, la rivière Luo, la neige, le poisson grillé, les abricots, les huîtres, les palourdes, les pêches, l’imprévu, les taxis, le sommeil, les regards, les signes d’attention, la politesse, le vieux Bach, les lauriers, la lavande, l’eau de Cologne, la lenteur, la vitesse, le calme plat, les orages, la foudre, les aéroports, les bords de l’Hudson, l’aspirine, la sieste, les rideaux, le moment entre chien et loup, le silence de 3 heures du matin, les rais de lumière à travers les volets, les barques, les rames, les biographies et ce qu’on peut en lire entre les lignes des biographies, l’incroyable liberté de l’eau, les verres, les tasses, les bouteilles, les embrasures, les angles, la cryptographie, la clandestinité, les complicités, les perles, les lagunes, le sable, l’argile, les haies, les criques, les anses, les baies, les greniers, les caves, mes stylos à pompe, les écluses, les voiles, les enfants dans les parcs, l’absurde, l’abandon, les chevaux, les tortues, les faucons, les mouettes, les papillons blancs, les cendres, les crevettes, les chaises, les fauteuils, les tables, les aventures menées jusqu’au bout, les illusions, les rêves, le chiffre 8, la vérité, le secret.

Les voyageurs du temps