Sans me lasser, comme caillasse
Que l’on casse, sans me lasser
Comme on attend la mort,
Venir la rime, sans me lasser

(Comme l’otage dans ses chaînes
Attend venir la souveraine)
Sans me lasser, comme on caresse
Sa vengeance, sans me lasser –

Je t’attendrai (Plombe paupières.
Dents contre lèvres. Roidie. De pierre.)
Sans me lasser, comme l’on berce
Sa tendresse, sans me lasser

Comme des perles que l’on perce,
Sans me lasser, comme des ongles
Que l’on ronge, sans me lasser
Je t’attendrai – Grince un traîneau

Crisse la glace. Grincent des gonds :
La taïga gronde et s’engouffre.
Rescrit suprême : Prince nouveau,
Nouveau royaume, entrez altesse.

Et sous mon toit :
Pas ici-bas –
Mais bien chez moi.

27 mars 1923