« Prends garde ma Princesse ! Quand je viendrai, je t’embrasserai à t’en rendre toute rouge. Et si tu te montres indocile, tu verras bien qui, de nous deux, est le plus fort : la douce petite fille qui ne mange pas suffisamment ou le grand monsieur fougueux qui a de la cocaïne dans le corps. Lors de ma dernière grave crise de dépression, j’ai repris de la coke, et une faible dose m’a magnifiquement remonté » (…)

Un autre fervent de la cocaïne n’est autre que Conan Doyle, qui fait parler ainsi Sherlock Holmes au bon docteur Watson, lequel s’inquiète de le voir s’en injecter trois fois par jour : « Peut-être cette drogue a-t-elle un effet néfaste sur mon corps.Mais je la trouve stimulante pour la clarification de mon esprit, que les effets secondaires me paraissent d’une importance négligeable. Mon esprit refuse la stagnation. Donnez-moi des problèmes, du travail ! (…)

Vous avez oublié un nom propre ? Freud vous dira pourquoi. Vous vous trompez de mot, vous ressentez une inquiétante familiarité, vous avez telle ou telle phobie ? Sherlock Freud débrouillera ce mystère. J’ai bien connu son successeur, Sherlock Lacan. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. C’était un fou de grande envergure, qui disait de lui-même qu’il en était resté à l’âge de 5 ans. Lui aussi, grand détective. Le plus remarquable, dans les deux cas, l’un extrêmement pudique, l’autre plutôt exhibitionniste, était la présence d’une raison inflexible. Un juif athée, un catholique baroque, deux aventuriers de la vérité vraie.

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