cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Prends garde ma Princesse ! – Freud, via Sollers

« Prends garde ma Princesse ! Quand je viendrai, je t’embrasserai à t’en rendre toute rouge. Et si tu te montres indocile, tu verras bien qui, de nous deux, est le plus fort : la douce petite fille qui ne mange pas suffisamment ou le grand monsieur fougueux qui a de la cocaïne dans le corps. Lors de ma dernière grave crise de dépression, j’ai repris de la coke, et une faible dose m’a magnifiquement remonté » (…)

Un autre fervent de la cocaïne n’est autre que Conan Doyle, qui fait parler ainsi Sherlock Holmes au bon docteur Watson, lequel s’inquiète de le voir s’en injecter trois fois par jour : « Peut-être cette drogue a-t-elle un effet néfaste sur mon corps.Mais je la trouve stimulante pour la clarification de mon esprit, que les effets secondaires me paraissent d’une importance négligeable. Mon esprit refuse la stagnation. Donnez-moi des problèmes, du travail ! (…)

Vous avez oublié un nom propre ? Freud vous dira pourquoi. Vous vous trompez de mot, vous ressentez une inquiétante familiarité, vous avez telle ou telle phobie ? Sherlock Freud débrouillera ce mystère. J’ai bien connu son successeur, Sherlock Lacan. Il ne parlait jamais pour ne rien dire. C’était un fou de grande envergure, qui disait de lui-même qu’il en était resté à l’âge de 5 ans. Lui aussi, grand détective. Le plus remarquable, dans les deux cas, l’un extrêmement pudique, l’autre plutôt exhibitionniste, était la présence d’une raison inflexible. Un juif athée, un catholique baroque, deux aventuriers de la vérité vraie.

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  1. Braun

    merci pour votre blog.

    « Passion selon St Matthieu, ciel gris, âme blessée.

    Tir de roquettes ce matin. J’aime à croire que le fait de n’avoir ni lu ni écrit
    la veille ont pour conséquence le retour du vil, du narquois…

    C’est une histoire de digue…de persévérance à maintenir une barrière contre
    la mécanique des flots…Le jour où j’aurai compris qu’une seule note peut endiguer
    les rouages de l’obscène, ce genre de matin colère et décharné aura fait son temps…

    Là, ce sont des blocs bruts, sans forme, qui m’agressent, m’attellent à demeure. « There’s
    something rotten in this kingdom »…Se poser la question : « pourquoi Hamlet n’est pas
    parti avec Ophélie »? That is the question..

    Sauver le royaume? Le nom du père? Ou bien la trouille de la « lettre » amorosa….

    Relire encore et encore le voyage…celui du bout de la nuit…se demander de quelle défaite
    il s’agit vraiment…Un homme, une femme? Si seulement c’était vrai…À nouveau les vers de Pessoa
    sur le « nous »

    O que há é só o mundo verdadeiro, não é nós, só o mundo;
    O que não há somos nós, e a verdade está aí.

    « Il n’y a que le monde véritable, pas nous, seulement le monde,
    ce qu’il n’y a pas c’est nous, et la vérité est là »

    Sébastien Braun

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