À La Baule, au mois d’août. Nous avions loué, par une agence de l’avenue des Lilas, une chambre en bordure du golf miniature. Jusque vers minuit, les éclats de voix et de rire des joueurs nous berçaient. Nous allions boire un verre, sans attirer l’attention de personne à l’une des tables, sous les pins, devant le comptoir au toit d’ardoises vertes où l’on distribuait les cannes et les balles blanches de golf.
Il faisait très chaud cet été-là et nous avions la certitude que l’on ne nous retrouverait jamais ici. L’après-midi, nous suivions le remblai et nous repérions l’endroit de la plage où la foule était la plus dense. Alors, nous descendions sur cette plage, à la recherche d’un tout petit espace libre pour nous étendre sur nos serviettes de bain. Jamais nous n’avons été aussi heureux qu’à ces moments-là, perdus dans la foule au parfum d’ambre solaire. Les enfants autour de nous bâtissaient leurs châteaux de sable et les marchands ambulants enjambaient les corps et proposaient leurs crèmes glacées. Nous étions comme tout le monde, rien ne nous distinguait des autres, ces dimanches d’août.

Dimanches d’août