Voici maintenant mon palais d’été occidental :

Salle du soleil couchant
Salle des fleurs
Kiosque des acacias
Studio de musique
Terrasse des marées
Bibliothèque des phénomènes furtifs
Kiosque des lauriers rouges
Pavillon des mouettes
Salle du soleil couchant
Kiosque de l’arbre noir
Studio de la Grande Ourse
Salle des nuits
Studio de la connaissance des rêves
Salle de la liberté de l’encre
Fenêtre du sud.

Tous les soirs, vers 20 heures, le ballet aérien des mouettes a lieu devant moi. Ce sont mes augures. Elles planent, se renversent, s’offrent, montrent le bout noir de leurs ailes, se taisent très fort, se frôlent, se dispersent, disparaissent, resurgissent, et, de temps en temps, bec ouvert, crient ou ricanent. Elles foncent sur moi, arrivent tout près, salut, adieu, c’est comme si elles connaissaient l’endroit, l’écluse, les toits, comme si elles savaient que quelqu’un les observe. Elles sont inexplicables, mais font signe, dans le genre « on ne dit rien, surtout ! ». Elles sont clairement divines. Leurs larges cercles par pans inclinés rapides, sont un tissu d’équations. À cette heure, elles ne chassent plus le poisson, ne piquent pas vers l’eau, se contentent de voler pour voler, mais pas n’importe où, ici, rite et prière. C’est bouleversant de beauté.

L’éclaircie