Les coups de foudre sont impersonnels. On l’oublie, le plus souvent, à cause de la question de l’objet. L’objet, presque toujours, se met à la place principale, et n’en bouge plus, jusqu’à extinction de l’ensemble. Mais ce n’est pas ainsi, parce que la foudre, dans ce cas comme ailleurs, arrache brutalement à la trame, à tout l’alentour. Arrache par conséquent celui qui le vit à ce qu’il était avant de le vivre. La personne précédente n’est plus, la continuité se perd, renonce. On recommence, à tous azimuts. Qui recommence ? On, précisément (…)

Il semble, dans les moments aigus où la perception de la vie est très forte, qu’il y a un devoir de tout dire, de tout écrire, ou peindre.
Par moments s’avance, l’évidence contraire – qui n’est pas de l’ordre du devoir, évidemment, puisque le devoir ce serait l’autre, le récit minutieux, appliqué. C’est une sorte d’appel enjoué, inspiré. Ne rien noter, laisser la vie se disperser dans l’oubli ou l’éclat imprévu des réminiscences – retourner tranquillement au rien qui la borde et la tient en secret.
Mais surprendre le secret en disant, en décrivant les points où quelque chose a lieu  ces noeuds étranges.

Ou simplement écrire, comme un hommage – inutile certes – à ce qui est.
Ce qui est : brille.

Les instants
les éclairs