C’est sous le toit ajouré des arbres, à peine est-on entré dans cet abri, où le soleil ne brûle plus, dans la maison qui n’est jamais fermée, et il y a une fraîcheur, un parfum inséparables l’un de l’autre. Le ciel descend dans les feuilles. Sous les pins, l’ombre est sans épaisseur. C’est le camp des oiseaux. Leur envol paraît brusque, accompagné souvent de criailleries ; ensuite, au contraire, même volant vite, ils semblent calmes, entre les troncs. Leur vol s’efface à mesure. C’est aussi comme si l’on marchait dans sa propre maison.
À mi-hauteur d’une pente assez raide, sous les pins, tout à côté du sentier discret, le terrain se creuse, il s’y forme une espèce de vague tranchée au bout de laquelle se dresse un mur étroit ; c’est de la roche, toute bossuée, mais à peine visible sous la mousse qui la couvre ; c’est comme une très ancienne porte, car au pied du mur il y a une ouverture, une bouche, comme aux fontaines, à ras du sol, où s’entassent les feuilles mortes, où le pied glisse, hésite (…)
On est debout à cette porte, appuyé à ses montants de pierre immémoriale, et dont la chute nous briserait. Comme un pèlerin écoutant matines, mais sonner dans un espace inconnu, pour un dieu encore sans nom. Ou comme celui qui entend pour la toute première fois des voix converser il ne sait où, près de lui pourtant, mais il ne parvient pas à les localiser, ce devaient être des enfants, une seule enfant qui chantonnait. Toutefois, c’était autre chose, autre chose sans quoi il n’y aurait ni distance, ni air, ni mouvement ; le lointain qui déchire, qui appelle. Source fabuleuse. Surplus du grenier des eaux.

Paysages aux figures absentes

Sur le seuil