C’était un matin frais et couvert, aux environs de huit heures et demie. Comme  il se l’était proposé, Hans Castorp aspira profondément l’air pur du matin, cette atmosphère fraîche et légère qui pénétrait sans peine, qui était sans humidité, sans teneur et sans souvenirs… Il franchit le cours d’eau et la voie étroite des rails, rencontra la route irrégulièrement bordée de maisons, mais la quitta aussitôt et s’engagea dans un sentier à travers les prés qui, après un court trajet à plat, montait obliquement et en pente assez raide le long du versant de droite. Cette montée réjouit Hans Castorp, sa poitrine se dilata, de la poignée de sa canne il repoussa son chapeau en arrière, et lorsque, arrivé à une certaine hauteur et regardant en arrière, il aperçut au loin, le miroir du lac auprès duquel il était passé en arrivant, il se mit à chanter.