cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

L’envie

L’envie, cette grande absente, revient enfin me chercher. Par ricochet, s’impose, jolie, cette image de toi. Urli, d’abord une allure… un seigneur. Puis un regard, un bon regard, tout de suite curieux de vous. Je n’éprouve pas de nostalgie. Jamais. De la peine oui souvent. D’autorité, j’inscris ces quelques lignes. Je me tairai, mais après.

Là, j’ai envie. Demain, c’est ton anniversaire, scorpion magnifique, lumineux et gentil.

J’ai envie de te photographier, première chose qui me vienne à l’esprit. J’ai envie de te faire plaisir, de te plaire, de te séduire, de t’amuser. J’ai envie de te voir embrasser Laura, notre enfant. J’ai envie de te voir choisir avec un soin méticuleux les fleurs pour un bouquet que tu veux m’offrir. Nos chamailleries, moi j’aime les petits bouquets, toi les grandes brassées. M’acheter des fleurs toute seule reste encore un exercice difficile. J’ai envie que tu me caresses la joue « Tu vas bien ? ». J’ai envie de ton émotion quand tu contemples une statue de marbre, de plâtre,  de bronze (touche mon amour, tu peux). J’ai envie de te fatiguer « Je t’aime, mais qu’est-ce que je t’aime, ça me fatigue ! ». J’ai envie de lire près de toi dans notre lit. Tu me titillais. Je n’ai jamais pu aller au-delà de quatre pages. J’ai envie que tu m’embrasses dans le cou « Tu sens le soleil, la pastèque, l’été. Tu es ma vie ». J’ai envie d’entendre ta voix éclatante quand tu pénètres dans le salon où se trouvent nos livres pêle-mêle « Bonjour la pièce ! Bonjour tout le monde… Sollers, salut ! ». J’ai envie de ton regard. J’ai envie de regarder tes mains. J’ai envie de t’écouter rire et parler avec les amis. J’ai envie que se réalise ce rêve délicieux qui m’a réveillé l’autre matin. Nous étions assis sur un muret. Les jambes dans le vide. Tout était lumineux. Le ciel bleu. Il faisait chaud. Nous partagions des chocolats. Tu te penches vers moi « Qu’est-ce que tu as dans le tien ? Tu me le donnes ? ». C’est ça la vie avec toi, l’harmonie, même dans les rêves. Il y eut quelques disputes, de la vaisselle cassée, pour l’histoire. Mais aucune porte claquée. Je t’ai fait mal deux fois. Toi jamais.

Notre vie ensemble, presqu’un chiffre biblique. Pas de désert, une traversée de jardins,  des odeurs, de la saveur, du goût. Quand vous aimez quelqu’un, aimez-le passionnément et à tout instant, c’est le temps en personne qui vous aime  La phrase de Sollers est vraie. J’en atteste.

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  1. Caroline D.

    Tout simplement beau.

  2. J’adore votre maniere de ciseler les mots, de les faire danser pour aller à l’essentiel. C’est très beau!

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