cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Le moine

Il fait si beau ce matin-là d’avril. Le jardin du Luxembourg retrouve enfin sa luxuriance. Pourquoi mes pas se dévient-ils du chemin me ramenant vers la maison ? Je me laisse mener vers une allée ombragée, à l’écart. De loin j’aperçois un moine très jeune, assis au soleil, tout à sa lecture. L’impulsion. Pourquoi vais-je direct vers lui, on n’en sait rien. La question s’impose d’elle-même :
Bonjour. Puis-je vous poser une question ?
– Mais oui.
– Comment sait-on quand on entend en nous une voix, si celle-ci vient ou non de notre imagination ?
Il me regarde. Penche la tête. Réfléchit.
Un temps.
Et souriant, heureux je trouve, me répond :
Tout ce qui nous étonne.
Tout ce qui nous étonne ne peut venir de notre imagination.
J’ai envie de l’embrasser le jeune moine. Ne le fais pas. D’une main lui touche l’épaule, et je pars. Il reprend sa lecture sur la Résurrection après un dernier sourire.

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  1. Le jardin du Luxembourg est un beau cloître où le soleil réfléchit dans un bassin.

  2. Et, décidément sous l’emprise de l’esprit de contradiction, j’opine que ce qui nous étonne ne peut venir que de notre imagination

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