L’esprit du vide fond sur nous comme un sirocco. Il est sans principe ni but. Il n’accède et ne réagit qu’à l’instantané. Son règne s’avère stérile et rébarbatif, lutte constante de soi contre soi. Dépourvu d’identité comme de substance, il est brisure, dilapidation violente, emprise de l’aride. Il disjointe – falsifie. Il assèche les sources, ou bien les souille. Même s’ils l’ignorent, les agents du fonctionnement travaillent pour lui. En particulier, c’est le cas des médiatistes (…)
L’outrance caractérise l’Esprit du vide, et se déclare dans le dépassement du désert par lui-même. Car la dévastation vise à un surcroît de dévastation, sans mettre aucune borne à son dégât. Il n’y a guère de juste mesure dans la ruine ; elle ne se pondère pas, courant toujours au-delà de ce qui est bien en main (…)
Un effluve nauséabond émane de la rose la plus triviale, « ça sent la destruction », comme aurait dit Baudelaire. On propage ainsi les nouveaux bacilles, les vibrions, toutes les bactéries.

De l’extermination considérée comme un des beaux-arts