Quand je suis revenu à Barcelone à l’été 2007, le vin rouge avait abondamment imbibé le pont du bateau en dérade, depuis le mois studieux de mars 2003. J’improvisais l’Europe avec ma valise bleu marine à roulettes. Prenant le large de Paris à l’automne de cette même année, j’ai été à quai dans un port d’Ecosse, flânant en bande dans les pubs et les rues venteuses d’Édimbourg, des mois sans soleil (…)
Reprenant la mer, j’ai longé les côtes françaises dans un rafiot jusqu’à San Sebastián, avant de filer en Italie vivre des passions romaines. Au premier chant de Noël, j’ai viré plein nord à destination d’Amsterdam. J’y vécus chez une Ashkénaze dans un grenier fabuleux. Au réveil, la chevelure pléthorique aux accents rieurs, je contemplais sur une plage de Corfou une orange embraser l’immobilité bleue. Je m’éternisais. Voguant de plus belle, j’aperçus Venise à l’aurore apparaître des brumes évanouies. Je bus le bon vin de la Côte d’Or, puis je me suis réfugié à Paris, place des Deux-Écus, pour l’hiver. Au mois de juillet, je venais de fêter mon vingt-huitième anniversaire, une chambre s’est libérée à Barcelone dans le grand appartement où habitait Santangelo. Quatre ans à louvoyer au plus près du vent.

Barcelone brûle