cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Mois : septembre 2019

Le pari de Pascal

Vous connaissez… croire, ne pas croire. Pascal : « il faut parier… »
Hypno-thérapeute épatante, mon amie Catherine tient absolument à ce que je le fasse, ce foutu pari, accepter enfin cette foutue rencontre promise par deux médiums et les astres, n’oublions pas les astres, avec mon amoureux à venir. C’est comme ça que j’l’appelle, Mon Amoureux à venir. J’aime d’ailleurs depuis toujours  la lenteur. La patience. L’impatience. Selon elle, la romanesque que je suis se satisfait  de l’idée de rencontre, ne l’acceptant pas comme évidente, la crainte d’un non événement me faisant glisser alors vers une forme de raison négative.
Le vide. La vie solitaire. Les refus. Le paraître. Je ne sais exactement. Bref, je n’y crois pas. À la fin de la séance, après le temps de l’écoute, du dialogue, elle m’assène avec une force de ton dont je ne la croyais pas capable, l’ultimatum : « JE NE TE DEMANDE PAS DE CROIRE ! JE TE DEMANDE DE FAIRE.
— FAIRE LE PARI DE PASCAL –
— FAIRE !
–  ALLEZ, ON VA DINER ! ».
–  
Dînons et faisons.

*

Non

Tu es satisfaite de tous ces Non que tu distribues à l’envi ? Non, pour sortir. Non, pour se balader. Non, pour le cinéma. Non, pour partir. Non, pour voyager. Non, pour rencontrer quelqu’un. Non, pour aller là ? – Non.
Alors ce soir, tu vas le faire. Aller à ce foutu cocktail. Tu y vas avec une amie qui elle, par  contre est à l’aise avec l’importe qui, n’importe où. Pour moi c’est cela d’ailleurs le comble de l’élégance : être à l’aise.
Seulement voilà. Envolé le beau chemisier en mousseline transparente, envolées les tenues souples, tout envolé, tout donné. Tout oublié. Ne restent que jeans pulls  chaussures et encore ! et les sacs, des tas de sacs. Catherine, mon amie hypnothérapeute m’avait dit un jour après le rappel de trois rêves où je perdais mes sacs : le sac est le symbole de notre vie. Alors, à l’évidence, envie de changer de vie de la remplir .
Je vais bien me dépatouiller pour trouver quelque chose pour ce soir. J’envelopperai ma misère dans un magnifique trench vert olive – et on verra bien ce qui arrivera – comme dit la pub.

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