Comme chaque fois, j’aime ce rendez-vous mensuel avec mon médecin. Cette femme que j’admire. Nadia Volf, acupunctrice. Née en Russie, elle est diplômée de la faculté de médecine de Leningrad. Harcelée par le KGB, empêchée d’ouvrir un laboratoire de recherches, elle s’enfuit en 1990 avec son mari, leur petit garçon caché dans le coffre de la voiture, lit-on sur sa biographie. Le couple trouve refuge dans le Sud de la France. S’adapte. Apprend. Repasse les examens. S’installe à Paris.
Elle aime ses patients. Les « connus » et tous les autres qu’elle soigne avec une même acuité. Dès qu’elle ouvre la porte de la pièce où vous l’attendez, vous sentez l’énergie entrer. Aujourd’hui, pas besoin de lui raconter, elle me connaît, elle sait d’emblée. Elle voit. – Oui, Anna, je vais vous faire le Point de la Mer Calme. Vous serez d’attaque ! Réveillée ! Gaie !
Ça me plaît, l’histoire de ce point. Déjà, le charme du nom.
Donc, dans la Chine ancienne, les miroirs n’existaient pas. Les riverains des bords de mer se rendirent compte que les eaux se calmant, ils pouvaient s’y refléter, se découvrir. Un petit chat miteux du coin, misérable, en retrait, un jour s’y pencha. Ce qu’il vit changea sa vie, son attitude : il vit un lion !
Voilà… En quittant le cabinet de Nadia, je suis du Champagne. Fines bulles !