Toujours un bonheur de traverser ce quartier du Marais, passer quelques heures auprès de ce singulier personnage. Le ciel de Paris est si lumineux si venteux ce jour-là. François ouvre largement sa porte, voit illico ma chevelure toute ébouriffée, il la caresse, « Mets de l’aloe vera, ça va gainer tes cheveux, tu verras, c’est miraculeux. » … Et c’est parti ! nous abordons divers sujets pour le seul plaisir de la conversation. Pour ça aussi que j’aime être là. Il sait fort bien par ailleurs pourquoi je viens le voir. Au bout d’un certain temps, il me fait tirer quelques cartes. Oui, l’amour toujours. Oui ceci, cela. Regarde, me dit-il alors. Regarde. La dame de trèfle, et dessus, le 9. Anna, la dame de trèfle c’est l’écriture. Le 9 c’est l’argent. Tu dois écrire. J’aime ton écriture. Sa clarté. – Sidération – Je me sens bousculée. Comme une peur qui me saisit. Moi qui n’aime écrire que des bluettes qui s’oublient une fois lues. – Et alors ? Elles sont bien tes bluettes, la dernière histoire, vous êtes un peu couillons tous les deux, faut le dire, mais très sympathiques, on a envie de vous secouer. Regroupe-moi tout ça. Propose aux journaux aux éditeurs. Tes histoires aussi, arrête de les couper en morceaux. Ecris-les tout d’une pièce, comme tu les ressens, toi. Et Urli, tu n’as écrit que quelques phrases. Je veux savoir la rencontre, les premières fois. Il y eut tant de premières fois avec lui. Fais-le. D’ailleurs les cartes le disent. Tes astres le disent. Ma meilleure amie est chanteuse, je veux te la présenter. Vous êtes sur le même registre toutes les deux, c’est incroyable. Vous devez vous connaître.
Allez ! Va !




le lien en rien effiloché, renforcé par l’absence ?