Vous savez comme j’aime la Providence, les évidences, surtout celles qui mettent à mal la Raison. Non pas que je la néglige la sainte raison, on en a bien besoin, mais j’aime le contre-emploi. La surprise. L’étonnement. Sur ce coup-là, je l’avais laissé me faire la leçon. Je la méritais pensais-je. Elle m’entraîna illico vers la morosité, l’insupportable à quoi bon, et je vis très vite un visage éteint qui n’exprimait rien, sinon l’absence de confiance en soi. Le clou fut le retour en catimini du Non, à tout. Bref, pas la joie – Les jours passèrent dans ces couleurs délavées, dans cet esprit mauvais. Rien n’avait d’attrait.
C’était ne pas compter sur elles, la Providence et son évidence.
La belle évidence. La douce évidence. La généreuse évidence. La divine évidence. Pourquoi l’avais-je mise de côté, l’avais-je oubliée ? Je ne sais pas. Elle, ne me délaissa pas. Mozart fut dans le coup quand cela se produisit. Je lus qu’il fallait dès à présent réserver pour Così en juin à l’Opéra de Paris, dans une chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker.
La joie de cet opéra, opéra si je puis dire.
Je sentis,… le rose, qui me vint aux joues. Et d’un coup, je saisis ! L’interrupteur… L’interrupteur de ma lumière intérieure c’était moi qui l’allumais ou le fermais et non les événements extérieurs, les autres, comme je le crus trop souvent. Quelle sotte je fus de me laisser entraîner par la raison sur ce coup-là. L’interrupteur providentiel me ramène à ce que je suis. Gaie. Et son Oui, qui va avec.