cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Ecrire sur lui, pour le plaisir

« Ecrire, c’est lever toutes les censures » nous enseigne Genet. Oui. Pourquoi alors devrai-je censurer mon envie du jour d’écrire encore quelques lignes sur lui ? Pourquoi ? Au nom de quoi ? De qui ? C’est du plaisir. Ma légèreté du jour. Je ne fais de mal à personne en écrivant ces quelques lignes banales ; c’est important pour moi de le dire. Je voudrai revenir justement sur la légèreté. Voilà un homme qui se veut léger, que j’ai rencontré au nom de la légèreté. À peine était-il entré dans ma maison, j’ai vu tout ce poids en lui. Sur lui. Son joug est bien trop lourd. Si légèreté se trouve, elle a bien des difficultés à remonter à la surface de la peau, de la tête, du regard, si doux, si perdu parfois. Je l’ai surpris plusieurs fois ce regard perdu. À quoi pensait-il en regardant le salon, la bibliothèque, la lumière de cet espace. Je ne lui ai pas demandé. J’ai respecté ce silence. Ce moment. Il en avait besoin. Il s’imbibait. Pareil dans l’intimité, d’un coup, un regard perdu ou étonné, oui, plutôt étonné.
Il se veut pragmatique. Il ne croit pas. Il porte. C’est pas grave, dit-il.
Il faut dire aussi que nous avons bien ri tous les deux. Tellement. À gorge déployée dit-on. Réactifs. J’ai aimé qu’il accepte de prendre avec simplicité ce petit anneau en argent que je portais, il lui allait parfaitement. Il n’a pas fait de manière, n’a pas pensé que je faisais ça comme un signe d’engagement. Il avait raison. C’était un geste simple. Tiens ! il te va, garde-le.
Sa présence me manque. Nos échanges nocturnes me manquent. Ma joie je ne la trouve qu’en lui me semble-t-il, évidemment c’est faux, mais c’est le ressenti, même s’il y a les rires, s’il y a les sorties, s’il y a les amies, les amis, les rencontres. Ça c’est un problème sérieux. C’est du vent ! me dit une amie. Oublie-le. Ces rencontres c’est du vent. Tu es du vent pour lui. Je n’y crois pas un seul instant. Cet homme c’est du solide. Et je reviens au foutu pari de Pascal. Je le fais. Je le fais encore une fois.

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La douceur

  1. Muriel

    Ç est tout toi ma Anna : libre dans l ecriture , délicate, discrète , vibrante à la fois, mais surtout subtile et élégante.

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