cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

Le sparadrap

Anna, ce manteau est magnifique ! Je croise ma voisine de palier qui rentre. Je pars. Rendez-vous lui dis-je. Le méchant ? Non, pas avec le méchant qui n’est pas méchant d’ailleurs. Oui, dit-elle, mais c’est une ombre, il vous fait mal, vous méritez tellement mieux.
Décidément… Le vent… Une ombre…
Pourquoi n’y a-t-il que moi qui le voit en soleil ?
Reprenons.
J’arrive donc au resto aimé. Gérard, le propriétaire, le sourire aux lèvres, m’accueille les bras ouverts. Un baiser. J’aime ce contact. Cette convivialité non feinte. Et je m’installe. À la seconde, arrive l’homme avec lequel je dîne. Il est absolument charmant. Une voix douce.Le goût de la narration. Lorsque nous sommes arrivés à Cadaqués… (là, suis partie en rêve avec la bande-son de l’époque…, chez Dali, c’est Gala que je préfère). La conversation se mit d’emblée sur son 31. Nous avons passé un bon moment je crois.
Puis il fallut bien rentrer. Bizarrerie de me retrouver dans une voiture avec un conducteur que je n’attendais pas. J’ai pensé à Urli. Pourtant je monte dans les voitures d’amis, mais ce fut étrange pour moi. Une expérience.
Petits pas par petits pas ou faire le grand saut ? Je le saurai le bon moment venu.
Je sens bien que le sparadrap qui me colle à la peau se détache là et là.
Je ne l’arracherai pas d’un coup, pas cette fois. Et, mentalement, d’un geste sûr, mécanique, je le rajuste.

*

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  1. Bennani

    Le goût de la narration avec nonchalance et simplicité. Pas de fiction ou presque
    J’aime cette écriture.

    • admin

      cette idée de nonchalance et de simplicité, voilà qui me plaît. Merci à vous.
      Anna

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