cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

L’étrange

Le bus pourrait te déposer juste devant la porte du bel immeuble, cossu, comme on dit. Tu préfères marcher. Pourquoi vas-tu là ? Es-tu là à attendre dans une petite salle de réunion où on t’installe aimablement. La machine à café est à disposition, les mignardises aussi. Servez-vous. Les madeleines, tu ne peux résister. Tu en prends une ; peinant pour ouvrir l’emballage papier. Foutu papier. Finalement la notaire arrive. Souriante. Elle te connaît bien. A connu tous tes drames. Il fallait écrire un nouveau testament. Deux amies aimées à qui tu léguais quelque chose ne sont plus là. Ces terres cuites pour l’une, les tableaux et dessins pour l’autre. Ce fut étrange d’y penser. Etrange de rédiger ces nouvelles dispositions. Etrange de ne vouloir rien laisser aux autres amis par superstition. Etrange de demander à ce que tes carnets et photos soient brûlés, à qui les laisser ? Etrange de te voir faire ça. Etrange de te savoir fragile. Etrange d’aimer la vie à ce point.
Alors en sortant tu as voulu te prendre une double glace. Vanille-Chocolat.
Tu as voulu ça… Tu as senti cette forme de liberté de pouvoir choisir.
La vie. Dégustée au bout de la petite cuiller.
Quelle ironie, quelle ironie…

*

Précédent

Grand nettoyage de printemps

Suivant

Fuguer

  1. Bennani

    J’aime
    Pourquoi j’aime ? C’ est simple, c’ est la vie, le quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén

%d blogueurs aiment cette page :