Alors cette rencontre ? Comment ça s’est passé ? Il m’étonne.
La porte à peine ouverte, il a su que j’avais rencontré une personne.
Lui explique que ça n’allait pas.
Trois heures, il a passé trois heures avec moi. J’allais le voir pour cette histoire d’appartement à vendre à trouver, qui, mine de rien me prend la tête.
Que nenni !
Il est ému de voir les deux billets que j’ai écrits sur lui. Je les lirai quand je serai seul. Il me parle politique. Il me parle santé. Il me parle de son amoureux. Les broutilles entre eux. Il me parle de mes cheveux. Tu t’es coupée la frange. C’est mieux. Tu as raison d’essayer un peu de blond. Ça m’fait penser qu’il faut que j’appelle Guyguy, qu’il me fasse les racines. Il me fait écouter bien sûr des p’tites chansons. Ecoute, celle-ci, c’est ton histoire, celle que tu vois maintenant comme non existante — c’est toi qui le dis, pas moi.
– Que voulez-vous, je suis bien ici. Je ris.
Il me demande un compte rendu… C’est beau… Tu dois absolument écrire une chanson à ma copine. Je vais l’appeler. Je vous assure, il l’appelle. Elle répond.
Me sens entraînée par une vague, allez hop !
Je te passe une amie, elle écrit comme tu aimes.
Elle l’aime son François, elle le connaît par coeur, elle joue le jeu ; nous nous parlons un peu, amusées de tout ce remue-ménage qu’il déploie pour nous mettre en contact.
Il faut dire aussi, pendant tout ce temps, son téléphone ne cesse de vibrer.
On le demande. On le demande.
Reprenons le chemin des cartes. Je les nettoie avec le talc.
On attaque le sérieux. Physiquement, il est tendu. Concentré. Il va vite. Très vite. Il ne faut pas l’interrompre. Le rythme, soutenu.
Les flashs. Il a mal à la tête.
Un flot de renseignements. J’ai du mal à tout capter.
Il aiguise les précédents résultats.
Il précise les choses, la temporalité. Il resserre le jeu.
Rien n’y fait. Deux amours. Le nouveau arrive, le bon. Il me donne le mois. Ça me fait bizarre. D’autres cartes. Plus jeune que moi. Vie en commun. Harmonie. Fondation. Mariage civil ou quelque chose comme ça.
– Impensable.
Mais le gros du lot reste cette foutue écriture.
Tout est là me dit-il. C’est maintenant. Ecris. Fais-le. Maintenant, cette année. Fais ce roman, ta bluette. Vite. – Edition, production, j’en sais rien, mais c’est là, c’est là.
– Et cette fois, à cet énoncé, je n’ai plus peur.

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