Confinée, comme presque tout le monde, je lis les pages que vient de m’envoyer mon amie Catherine. Récit romancé de sa période de révolutionnaire au Vietnam. Elle partit avec son héros, cinq années à Hanoï. Récit absolument sidérant pour la contemplative que je suis. S’il est une aventurière quelque part, c’est bien elle.
Je l’ai connue lorsque Urli voulu faire de l’hypnose pour reprendre quelque force. Puis nous sommes devenues amies. Son parcours est saisissant. Une adolescence douloureuse. Elle s’enfuit de la maison une première fois. Vécu quatre jours dans le métro, les sans-abri la protégèrent. Elle fut rattrapée par Interpol. S’enfuit une seconde fois. Rencontra son héros. Ils partirent à Hanoï. Son récit de ces cinq années est à la fois une bouffée de senteurs, de musique de l’époque, de couleurs, de courage, d’obstination. L’aventure au bout de tout ça. La désillusion. Le retour chaotique. Le journalisme, dans un grand quotidien. D’autres voyages. D’autres amours. La dépression. Le livre L’Enfer, que Pivot aima. La reconversion, réussie. Elle vous reçoit dans une petite pièce au premier étage d’un vieil immeuble à deux pas de Beaubourg. L’hypnose est son domaine. Elle est également psychologue. Je peux vous assurer qu’elle ne lâche pas ces gamines ces gamins qui ont le mal de vivre ; ou ces personnes, comme moi, qui la consultent régulièrement.
Elle est d’une beauté absolue. Une vraie nana. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi indépendant, d’aussi libre d’esprit, d’aussi sensé. Surtout ça, si vous voyez ce que j’veux dire rapport à moi. Et en même temps, d’un coup, elle peut être surprise comme un enfant sait l’être. On rit pas mal ensemble. Essentiel.
Bon, vous lâche.
Je continue la lecture. Il va être bien son roman à Catherine.

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