Il fait beau sur Paris aujourd’hui. Il fait chaud. Beaucoup de vent. Beaucoup.
Fenêtres ouvertes. Plein soleil entrant dans l’appartement. Assise dans le fauteuil en rotin devant une fenêtre, jambes à hauteur des bacs à fleurs. Je mets la crème sur le visage, les bras… Le vent joue avec les pages du livre ouvert, les soulève. Il m’envoie par à-coups ces effluves – l’odeur si particulière de la crème solaire. Rêverie. Je vais direct vers cette route italienne qui mène vers les plages après Venise. En fin d’après-midi nous les quittions pour retrouver la ville en passant par cette route bordée de peupliers, de bouleaux, longeant à l’infini ces champs de maïs. La lumière est divine. Les ombres magnifiques. La faim s’invite. Il est facile de s’arrêter au bord de la route. Des baraques proposent à l’envi plats de polenta, diverses viandes braisées, la pasta…. Le vin rouge, le Valpolicella, trop léger, n’est pas notre truc, alors nous optons pour un blanc, un Pinot Grigio. Il est parfait, parce que nous sommes bien. La lumière du soleil rasant la route, les premiers lampions multicolores sont allumés. Des p’tites chansons italiennes, diffusées discrètement par un haut-parleur dont on ne sait comment il tient entre deux bouleaux. Pourquoi nous avons si faim, c’est juste le plaisir d’être là je crois…On se taquine pour un coup de soleil sur le nez. On s’amuse. Puis on reprend la route, la ville nous attend. Venise, là-bas, on la devine déjà.

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