cet air de rien

Anna Urli-Vernenghi

L’hôtel Les Marronniers

Il faisait tellement beau ce samedi là. Impossible de résister au plaisir d’aller marcher plus loin que le droit accordé aux confinés du moment. Braver la maréchaussée pour 100, 150 mètres. Y aller. Vas-y, passe la place de l’église Saint-Germain, écoute ces pigeons qui roucoulent à l’envi, passe le petit square voisin, tout en fleur, une beauté, la rue de l’Abbaye silencieuse, gracieuse. Prends la rue Fürstemberg avec un m, descends vers la Place Fürstenberg, avec un n. Les quatre paulownias terminent leur floraison, les hampes violettes résistent. Les larges feuilles s’annoncent. Continue sur la rue. Tu y arrives. La jolie rue Jacob. Tu t’arrêtes devant les vitrines d’antiquaires fermés. De librairies fermées. Prends la rue par la gauche. Remonte-la. Après cette nouvelle boutique fermée, regarde, le petit porche est ouvert lui, mais l’hôtel fermé, dans la cour, au fond. Les Marronniers. Le coeur, pincé. Emotion. Prends. Le charme est là, toujours. Tu l’as adoré cet hôtel. Il est petit. Simple. Elégant. Charmant. Vous y veniez avec Urli, lorsque vous remontiez de Rome pour quelques jours à Paris. Comment l’avait-il choisi ? Mystère d’Urli. Laura restait chez sa grand-mère, et vous deux vous vous aimiez dans cet hôtel. Les petits déjeuners, à l’extérieur, dans cette cour, sur une des tables en fer recouverte d’une nappe blanche. Thé, café, pain, confiture, miel. Tu vas bien ?

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Cahiers et carnets

  1. Bonjour,

    sans donner signe souvent, je lis tous vos textes postés avec toujours délice, voire un peu de gourmandise, comme un petit déjeuner d’un matin de printemps, fer forgé et nappe blanche.
    Un merci de confinement, mais vous êtes à chaque fois un souffle de légèreté .. dans un monde de brutes!!

    Bien chaleureusement.

    • admin

      Philippe, vous voilà de nouveau ! Vous savez quoi ? ça me fait plaisir de vous lire, de vous écrire quelques mots.
      Je m’apprêtais à faire quelques lignes sur trois couteaux au manche d’argent que j’ai volés dans un grand hôtel.
      Au revoir,
      Merci
      Anna

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