La marche est lente avec le petit Erri qui renifle les pneus de chaque voiture qui stationne sur le trottoir… Une femme passe près de nous, elle parle à l’ amie qui l’accompagne, Moi, sitôt terminé ce confinement, une thalasso !
Ce n’est pas mon truc, mais ça me rappelle Urli. Un jour, il me dit, Nous allons à Biarritz, faire une thalasso, ça te dis ? Pas pour moi, mais oui, tu vas aimer et puis j’ai la ville à disposition. Et nous partons avec le jeune Marlowe, notre boxer adoré, d’à peine six mois. La route fut longue et belle, les restos très agréables, Urli à son meilleur. Nous arrivons. Merveilleux paysage. Merveilleux hôtel. Et là, mon amour, imaginez, cheveux longs, cigare Lusitania, perfecto, jean et boots Berluti, on lui apporte à la réception après notre inscription, un plateau sur lequel il découvre ce qui lui permettra de réussir la-dite thalasso, tout un lot en éponge blanc surmonté d’une paire de nu-pieds en plastique toute aussi blanche. Imaginez son regard.
Il est hors de question que je porte ça.
Je veux bien en cabine mais pas déambuler avec.
– Cela ne se peut Monsieur.
Alors, je reste, mais sans thalasso.
Urli, quoi.
J’adore.
Je savais qu’il dirait ça… J’voulais le voir !

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