Un bonheur cette déambulation dans les rues de la ville. Le nez en l’air j’ai aimé faire toutes ces photos. Surtout celle du balcon d’une fenêtre ployant sous une chute de rosiers. Une splendeur. Une douceur. Une vie. La lumière du jour fut un cadeau. Aller voir François, juste comme ça, enfin, presque comme ça. Il me connaît. Je fais une mauvaise photo de lui lorsqu’il m’ouvre, tout sourire, sa porte bleue. Le palier est sombre. Son entrée est sombre. La photo ne me convainc pas. Mais ce portrait en mouvement, c’est tout lui. On sent la force. Tout vêtu de blanc, il sent bon. À l’évidence, il sort d’une douche fraîche. Un flot de paroles aussitôt. Assieds-toi. Montre-moi ce blond… C’est pas mal, tu sais. C’est mieux. Cédric a fait un balayage ?  — Moi, c’est Guyguy qui m’fait la teinture. C’est une star de coiffeur. Il n’a pas pignon sur rue, un espace, pas très loin de chez toi d’ailleurs. Tu me diras si tu veux le rencontrer. Je ris de l’entendre. Cet homme exubérant, en fait, il me repose.
Je me sens en sécurité ici.
Exceptionnellement, le studio ne sent pas les gâteaux. Le nettoyage du jour. Tout est rangé. On y est bien. Evidemment, le téléphone vibre immédiatement. Il regarde. Encore elle. Elle m’appelle tous les jours. Elle veut que je l’aide. Quand tu penses qu’elle est psy, tu t’interroges. Je ne suis pas un guru… Bon, et toi… raconte-moi… Je raconte… Où en es-tu de ton écriture ? Tu vas être content, j’ai fini la romance ; je commence un autre récit.
Il s’amuse à me faire un tirage particulier… Tu vois ce que je vois ?
Il fait reculer d’une demi-heure son rendez-vous suivant, pour mieux se concentrer sur ce tirage nouveau encore une fois très particulier.
Le temps passe.
On frappe à la porte.
Partir,
étourdie, confiante, prête.
En chemin, photos…

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