Le lacet défait d’un rêve ne peut faire sérieusement trébucher.
C’est une affirmation, un constat sûrement, que nous donne là Hervé Guibert.
On peut trébucher à l’évidence quand un rêve s’écroule, mais c’est l’adverbe qui compte : sérieusement. On ne tombe pas de bien haut. Quelque chose comme Beaucoup de bruit pour rien, de Shakespeare.
Au-delà de ça, c’est la poésie de cette liaison, ce lacet défait qui me trouble.
Il y a à le dire comme une nonchalance. Un pardon. Quelque chose de simple. Un encouragement. Une gentillesse. Une injonction à rêver. Encore et encore.
J’ai appris très tard à bien lacer mes chaussures. Souvent j’ai trébuché. Ou, rêveuse, me cognais régulièrement aux poteaux électriques dans ma banlieue. Je me frottais alors le front machinalement, et reprenais illico ma rêverie.
Il me semble avoir encore une belle provision de lacets. Alors, allons-y.

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